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 - Fémin-F1 -

Stage de pilotage sur Formule Renault

18 Janvier 2010 , Rédigé par Nico Publié dans #Histoires vécues

Histoires-vecues 
Pilote d'un jour


Dimanche 21 juin, 5h du matin. Le réveil sonne enfin, marquant le début d’une journée que j’attends depuis plusieurs semaines maintenant. C’est aujourd’hui que je vais pouvoir profiter d’un complet stage de pilotage au volant d’une monoplace, sur le circuit de la Ferté-Gaucher, en Seine et Marne.

Après 2h de trajet, et quelques égarements dans les villages environnants, le circuit est enfin en vue. Pour nous accueillir à l’entrée du site, à tout juste 8h, un groupuscule de riverains armé de deux banderoles nous tend une pétition visant à installer un mur anti-bruit autour du centre de loisirs mécaniques. Le rugissement de V6 n’est pas du goût de tout le monde…
Après avoir discuté quelques minutes avec ces gens, du reste fort sympathiques, mon amie et moi arrivons enfin au paddock. Celui-ci est scindé en deux : une moitié Sud, rapide, dédiée aux voitures de sport, et une moitié Nord, plus technique, pour les monoplaces.
circuit
Le temps de grignoter une tranche de marbré et de siroter le café de bienvenue en observant les animateurs démarrer les Porsche GT, Ferrari F430 et autres Lamborghini Murcielago, le stage peut enfin débuter, dans la fraîcheur revigorante d’une matinée sèche et ensoleillée.

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Briefing
nico-pilote
Première bonne surprise : l’équipement complet est entièrement prêté par nos hôtes, de la combinaison ignifugé aux gants, en passant par les bottines. L’immersion se poursuit par un briefing clair et détaillé de ce qui nous attend. Nous sommes une quinzaine de participants, certains n’étant présents que pour un seul run, d’autres pour deux. Je suis le seul à avoir la chance de rester une journée entière. Mais nous prêtons tous une attention toute particulière aux précieux conseils qui nous sont prodigués.

Le premier d’entre eux résume en grande partie tous ceux qui vont suivre : « oubliez tout ce qu’on vous a appris à l’auto-école ». Le ton est donné ! Effectivement, ici il s’agit de piloter une Formule Renault Martini MK65, délivrant 160 cv pour seulement 450 kg, car tout le superflu a été retiré : direction assistée, correcteur de trajectoire, système anti-blocage de roues, etc., et… master vac ! Sans ce système permettant de décupler, sur une berline quelconque, la moindre pression portée sur une pédale de frein, il va falloir apprendre à enchaîner les freinages d’urgence à l’entrée de chaque virage, pour, d’une part, ralentir notre bolide, et, d’autre part, améliorer nos temps au tour.

voiture
pilotageA contrario, notre « prof » insiste sur la nécessité de doser l’accélération, principalement en sortie de virage. Comme sur n’importe quelle propulsion, accélérer trop fort avec les roues encore braquées, c’est le tête-à-queue assuré ! Nous étudions donc ensemble la trajectoire idéale sur la totalité du tracé, analysant les points d’entrée de virage, de corde, et de sortie de virage, le maniement des pédales étant ensuite une affaire de ressenti de chacun, pourvu que les recommandations de base soient respectées.

Finalement, nous complétons ce briefing minutieux par deux tours de la moitié Nord du circuit à bord d’un monospace, afin de visualiser tout ce qui a été dit auparavant. Ainsi parés, nous sommes prêts à attaquer.


Reconnaissance


baquetA mon programme, quatre runs sont prévus, le dernier devant me laisser 11 tours complets en piste pour m’amuser au maximum. D’ici là, quelques repérages sont nécessaires. Le premier run permet ainsi de s’habituer à la voiture. Cockpit étroit, boîte de vitesse manuelle à 5 rapports placés sur un débattement d’au plus 4cm, pédales fines et extrêmement proches les unes des autres, direction directe, pas d’assistance freinage, moteur arrière et système de propulsion… On est bien loin de ma brave Peugeot 206 !

Sur les 1,5 km développés par la partie Nord de la Ferté-Gaucher, nous sommes 4 participants en piste. Aucune voiture pilotée par un animateur n’imprime de rythme particulier en tête du cortège. En cas de nécessité, une zone est aménagée pour que les personnes plus lentes puissent se ranger afin de laisser passer les voitures bloquées derrière elles. En plus d’un animateur sur la pit-lane, deux autres superviseurs sont situés au virage 6 et à la chicane précédant le virage 9. Leur but, au-delà des drapeaux jaunes ou bleus à agiter au besoin, est d’observer leurs élèves et les aider à progresser en leur signalant leurs points forts et leurs points faibles.

fertegaucher
Pour le moment, je fais 4 tours tranquillement, sans me risquer sur les vibreurs, mais en testant tout de même l’accélération procurée par la monoplace. Le rapport poids / puissance permet quelques bonnes sensations ! 

Freinage

La seconde session vise ensuite à travailler les freinages tardifs.

Le plus franc concerne certainement l’entrée dans l’épingle 6. En s’assurant une trajectoire tendue dans la chicane la précédant, la vitesse d’approche est tout à fait respectable. Reste ensuite à freiner très fort et le plus tard possible. Au fil des tours, je teste des points de plus en plus tardifs, le jeu étant de ne pas dépasser la limite autorisée !
Or, après 4 tours, alors que j’enfonce la pédale de frein, la voiture ne ralentit bizarrement pas aussi bien que d’habitude, et les roues avant se bloquent, libérant un panache de fumée ! Après un bref passage dans le gazon bordant l’extérieur du virage, je reviens en piste. Plus de peur que de mal ! Comme demandé, je m’arrête au stand dès la fin du tour, pour débriefer avec le « prof ». L’explication fuse comme une évidence : mon pied n’était pas bien placé, et une légère pression devait avoir été maintenue sur la pédale d’accélération.
Résultat : les pneus avant étaient bloqués, et les pneus arrière continuaient de pousser la voiture en avant !

brief
Cet enseignement utile en tête, je repars en piste pour boucler mes derniers tours. Pas d’accrocs. Je m’aperçois toutefois que l’approche de l’épingle 8 par une longue courbe à droite est également loin d’être évidente. Les appuis sont dissymétriques, les roues tournées, et il faut s’appliquer à remettre rapidement la voiture droite avant d’entamer le freinage. L’art du pilotage est très long à acquérir, et cette première approche en donne déjà un petit aperçu.

Trajectoire

Sur les conseils des animateurs, j’entame la troisième session avec l’objectif d’améliorer mes trajectoires. Si j’ai déjà commencé à travailler les freinages « type course », encore faut-il savoir braquer au bon moment, viser le point de corde, et remettre un filet de gaz lorsque les bras commencent à se décroiser, avec le point de sortie de virage en ligne de mire.

Au fil des tours, mon ressenti de la voiture s’améliore quelque peu. L’arrière tend à vouloir se dérober si la vitesse de passage en virage est trop élevée, et je dois contrebraquer à 2 ou 3 reprises pour éviter de partir à la faute.

Des plots ont été installés sur le circuit, pour aider à la visualisation des points de repère théoriques. Cela facilite grandement l’apprentissage, bien que la trajectoire idéale me paraisse assez intuitive. A force de regarder les champions automobiles chasser les dixièmes de secondes sur les plus grands circuits du monde, et après de nombreuses heures d’entraînement sur la PS2, cela n’est clairement pas le plus difficile. Le plus difficile, c’est de jauger la vitesse de passage. Je l’apprends à mes dépends, un peu trop optimiste dans l’épingle 6 (encore !), où je pars en tête-à-queue. Mais bon, c’est aussi en faisant des erreurs qu’on s’améliore !

Run libre

Enfin, après ces quelques enseignements engrangés pendant la journée, et alors que je suis le dernier participant encore présent sur la pit-lane, je pars pour 11 derniers tours où les animateurs m’invitent à mettre en pratique les leçons de la journée et chercher à grappiller des secondes.

tour
Les tours défilent, et le plaisir est intense. Je commence à empiéter sur les vibreurs en chicane ou en sortie de virage, secouant mon bolide et frôlant les plots. Les tours ne sont pas parfaits, bien évidemment, mais je gagne en vitesse pure. La force centrifuge dans la longue courbe est de plus en plus forte, mais la voiture tient le cap sur la piste. Sur le bas-côté, les animateurs m’observent, m’invitant à plusieurs reprises, par leurs gestes, à retarder toujours un peu plus les freinages. Sans être parfaitement à l’aise, j’arrive à maîtriser le véhicule, cherchant toujours à repousser un peu plus loin les limites d’adhérence. Un peu comme dans un kart... Les règles inculquées au cours de la journée sont inscrites dans ma mémoire, et je n’ai quasiment plus à y penser. Freiner plus tard, en maintenant une vitesse de passage assez importante, réaccélérer plus tôt, tendre au maximum la trajectoire…

Et puis soudain, c’est le drapeau à damiers. Direction les stands, pour un dernier débriefing. Globalement, les animateurs sont contents de moi. Sur la journée complète, j’ai gagné en assurance et j’ai correctement assimilé leurs remarques. Cette journée aura tenu toutes ses promesses. J’ai eu l’occasion de toucher du doigt les rudiments du pilotage sur piste, de m’installer dans un baquet à quelques centimètres de l’asphalte, et d’avoir des sensations auxquelles n’importe quel fan de sports mécaniques serait sensible. Un seul conseil si vous hésitez encore : si le prix peut certainement paraître prohibitif (près de 600 € tout de même !), c’est une expérience unique à tenter au moins une fois ! Un superbe cadeau d’anniversaire peut-être, voire une idée à garder pour le Père Noël ?
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